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28.06.2004
Le Parc national du Souss Massa : un site pilote en matière d’écotourisme
Créé le 8 août 1991, le Parc national du Souss Massa compte près de 64 000 hectares à quelques kilomètres d’Agadir. Son exceptionnelle richesse faunistique et floristique en fait une réelle opportunité de diversification de l’offre touristique, mais également un site fragile qui mérite d’être protégé. Depuis plusieurs années, les autorités tentent de concilier à Souss Massa développement touristique, protection de la nature et intégration des populations locales. Une première dans ce pays qui observe avec intérêt ce site pilote en matière d’écotourisme.
Le 4X4 de Mohamed Ribi progresse lentement sur les dunes de sable. Le moyen de locomotion n’est pas très écologique dans ce parc national de 64 000 hectares (30 000 en zone maritime, 34 000 en zone terrestre), mais il est difficile de faire autrement. À moins de se déplacer à dos de dromadaire, il n’y a guère qu’un véhicule à quatre roues motrices qui permette de sillonner ces paysages quasi désertiques s’étendant le long de la côte atlantique du Maroc sur 60 km (et 5,5 km de large), au sud d’Agadir. Des paysages de steppe annonçant déjà les portes du désert ; ici, il n’est tombé que 8 mm d’eau en 2004 !
La richesse de l’endroit tient à la diversité des milieux qu’il englobe : dunes de sable qui s’étendent jusqu’aux falaises surplombant la mer ; plages mais aussi estuaires, forêts et formation à euphorbes cactoïdes, …) abritant de nombreuses espèces animales (voir encadré). Située sur l’une des principales voies de migration d’oiseaux, la région revêt également une importance capitale pour le passage et l’hivernage d’un grand nombre d’espèces migratrices. Parmi ces espèces animales et végétales caractéristiques des milieux tropical, désertique, et océanique, nombreuses sont celles à être classées sur la liste nationale des espèces protégées (rares ou menacées). Comme l’Ibis chauve (Geronticus Eremita) qui fait la fierté du Parc national du Souss Massa et qui constitue la plus importante colonie au monde découverte dans les années 80. Aujourd’hui, il ne reste guère que 400 individus sur la planète, pour l’essentiel regroupés ici (récemment, six individus ont été découverts en Syrie). Cette espèce d’oiseau en voie de disparition est à l’origine de la création du Parc national. L’endroit fut d’abord classé «réserve de chasse permanente de sa majesté le roi Hassan II». Mais ce n’était pas suffisant. Or, il n’existe qu’un seul statut en matière de protection de l’environnement dans le pays : la loi sur les parcs nationaux de 1934. Mais difficile de créer un parc national dans cette région rassemblant quelque 1900 personnes, vivant dans sept villages à l’intérieur du parc et quelque autre 23 000 personnes (soit 25 villages) qui y ont des terrains de culture et/ou de parcours et dont les principales sources de revenus proviennent de la céréaliculture, de l’élevage de petits ruminants et de la pêche en mer. Cette population exploite depuis toujours les zones à utilisation traditionnelle du parc (21 450 ha de terrains collectifs et privés). «Nous avons donc créé un Parc national à la marocaine», explique Mohamed Ribi, le directeur du PNSM. Un parc qui intègre cette population dans sa gestion et dans son développement. «D’autant que nous nous sommes aperçus que les Ibis chauves se nourrissent dans des zones dégradées, par exemple après le passage d’un troupeau de moutons.» Donc dans les zones fréquentées par l’Homme.
En 1993, deux ans après la création du parc national, il est décidé de faire de la zone terrestre un parc d’acclimatation destiné à réhabiliter la faune sauvage et à reconstituer des troupeaux d’animaux disparus de certaines zones ou en voie de disparition. Ainsi est-il désormais possible d’observer à Souss Massa non seulement les derniers ibis chauves de la planète, mais également des addax blancs (une sorte d’antilope), des gazelles dorcas, des gazelles mhorr : autant d’animaux qui avaient disparu des paysages marocains, victimes du braconnage. Autres espèces particulièrement présentes dans le parc, l’autruche à cou rouge, l’antilope oryx, le chacal, le renard, le lièvre…
00:35 Publié dans souss_massa |